Carine, faudrait courir tu vois… seule avec ces idées-la…

By TraileurZ The Mag
In LE COIN DU COACH
Mar 19th, 2015
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Carine, faudrait courir tu vois...seule avec ces idées-là...

Qui a dit que l’on partait courir pour se vider la tête ou faire le vide ? Moi… je ne saisis pas ce concept car j’ai l’impression que mon cerveau est en permanente ébullition : 200000 idées, pensées, questions, réflexions…dont je ne me souviens même pas pour la plupart à l’arrivée (et pourtant je m’étais jurée de ne pas les oublier : à croire que courir te transforme le cerveau en celui d’un poisson rouge !). Mais je ne parviens pas pour autant à ne penser à rien (mais je sais cependant  penser creux)…

Tics et tocs (parfois Tucs en post-run !) Il m’en trotte des choses dans la tête pendant que…je trotte. Voilà, aujourd’hui malgré les enfants, le boulot, le conjoint, le ménage, les soucis, le coloc, la douleur (mais la petite voix d’ange qui te dit « reste au calme », et la grosse voix de diable qui te dit « essaie pour tester »), les devoirs, les courses, le manque de motivation (mais la petite voix qui te dit « vas-y feignasse »)…c’est décidé, je vais quand même courir. Eh oui car la première étape est bien la décision mentale : il faut braver tous ces obstacles, il faut changer de tenue, il faut sortir de son cocon, il faut se transférer dans un univers plus rugueux, car on part courir. Et déjà à cette étape les idées se bousculent !

  • Quelle tenue je vais mettre ? Car ça dépend de l’humeur et de l’envie aussi…
  • Je prends un coupe-vent à manches courtes (« tu as toujours chaud, tu vas crever et ne pas savoir qu’en faire ») ou longues (« t’as vu la tramontane qui souffle à 80km/h, sois vigilante ! ») ?
  • Je rejette un coup d’œil à la météo, je sors mon museau (une énième fois) tel  un chien qui hume et prend la température…
  • Je vais boire quand même une gorgée pour ne pas partir la bouche sèche et avoir le sentiment (oui…toujours cette fameuse pseudo bonne conscience…) de m’être hydratée.
  • Oupssssss ne pas oublier ma gourde portée main ! Elle m’est utile (oui oui oui même pour 10kil en plein froid et en plein hiver !), et elle me rassure.
  • ahhhhhhh vite je mets ma Suunto et j’enclenche le GPS (car même si je connais le parcours à la pierre près, au millimètre près, au cep de vigne près…on sait jamais ! Tsssss faut être atteinte…), je visse brassard et écouteurs, je fais le lacet gauche PUIS le droit (oui…encore un toc), j’appuie sur start, même si tous les voyants ne sont pas au vert en moi.

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Dès la première foulée, souvent le ton est donné : bon ou mauvais.

  • Ah aujourd’hui j’aurais mieux fait de ne pas y aller. Oui mais je ne me vois pas rester dedans, j’aurais des remords. Et puis j’ai un objectif…
    Et puis dans 600m je suis dans les vignes !
  • Attention, le passage clouté : j’ai failli m’y faire déjà écraser par des c##s…
  • Pffffiou cette 1ère pseudo montée de 3m de D+ dans laquelle je n’ai déjà plus de souffle alors que je suis partie depuis 200m, quelle nullasse je suis.
  • Faudrait que je change ce petit tour de chauffe dans le bois, mais finalement je le fais quand même !
  • Ah toujours les mêmes qui promènent leurs chiens (et font faire leurs besoins) dans ce fameux bois que j’appelle « Central Pork » (en opposition à ce Central Park que j’affectionne tant…). Ahhhhhhhh voilà je repense à mes 4 voyages à NY et je les égrène : je veux y partir là de suite car je suis ❤️ de NY !
  • Tiens, il y en a un qui court : est-ce que je le connais ? Oh punaise il est couvert comme un âne…il doit avoir des rillettes sous les bras dues à la transpiration !
  • Oulaaaaaaaa non pas cette chanson de ma playlist, ça me rappelle des souvenirs tristes. Put1 j’ai les doigts engourdis et j’arrive pas à mettre la suivante. Je vais m’arrêter…non mais pas déjà !
  • Les gens doivent me prendre pour une folle : je chante, je parle, je m’engueule seule !
  • Allez hop, dans les chemins et vignes : tiens cette plaque de ciment où un nom est gravé…qui l’a écrit ? Et quand ? Comment est cette personne ?
  • Ohhhhhhhhh un lapin ! Si j’étais aussi agile…
  • Quand  même j’ai une chance inouïe en plein hiver d’être en short et t-shirt ML : j’adore ma région et je réalise la chance.

Ça y est je vagabonde et divague…

  • C’est pas vrai mais qu’il est c## ce type ! En arriver à ce niveau, y’a pas idée. Je le taperais…d’ailleurs je l’ai déjà fait (oui SOS hommes battus aurait pu me tomber sur le râble…)
  • Je suis une vraie chèvre, j’arrive pas à avancer. Ma pauvre, arrête la course à pied ! Oui mais c’est quand même la liberté ce carcan dans lequel je me suis engouffrée (que de paradoxes).
  • C’est quand même difficile des ados, même si je devrais pas trop me plaindre…car ils sont bien mignons. Et puis il faut me supporter comme mère aussi…
  • Eh Beh ces 2 maisons en construction, on dirait des villages Club Med : comment ils vont vivre là-dedans ? Quand je connais uniquement le prix du terrain…j’ai peur !
  • Voilà mon figuier, complètement déplumé : je cours en ma saison préférée (l’hiver), mais il me manque juste de quoi me ravitailler en figues et raisins.
  • Bon…je vais à droite direct et je ferai une boucle ou alors à gauche, mais il faudra que je passe par là, puis ici, puis relà. Allez à gauche puis un mini A/R pour atteindre au moins 10kil (car j’ai encore un toc : ne pas enfiler 1 tenue pour moins de 10km)
  • Eh bien il déconne mon chrono ? Mais non…c’est moi qui me traîne ! Voilà c’est la moitié de mon petit parcours : et dire que je dois faire 16X ça pour le prochain Trail…
  • Aie…ça tape dans le tibia 🙁 c’est terrible mais ces 6 fractures en 3 ans et 1/2 me hantent et me harcèlent. Tsssssss j’aurais pas dû courir aujourd’hui…mais j’ai pourtant pas abusé : 20 kil dans toute la semaine, je suis loin du surentraînement. Put1 fait chier…
  • Mmmm la belle vue : ce Canigou enneigé avec ce ciel bleu comme on ne le voit qu’en hiver ! C’est vraiment ma saison préférée !
  • Allez je cours jusqu’au bout de ce chemin et je m’arrête faire une pause pipi (Beh oui c’est la gorgée bue avant de partir !)
  • Tiens…toujours les mêmes qui se baladent : un sourire, un mot, qq phrases, c’est sympa ! Mais…je me refroidis vite, alors les politesses, point trop n’en faut !
  • Arrêt boisson : une ou 2 gorgées avalées ! (Oui je m’arrête pour boire même avec une gourde car je suis tellement gourde que je ne parviens pas à boire en courant. Idem à vélo).

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Carine, faudrait courir tu vois...seule avec ces idées-là....

  • Ohhhhhhhhh c’est trop beau le soleil sur les vignes avec les montagnes enneigées en fond : hop une petite photo (grrrrrrrrrrr l’iPhone est humide, j’ai les doigts engourdis, la reconnaissance tactile ne fonctionne pas, les fils des écouteurs s’emmêlent…et ma photo ne rend finalement pas bien : quelle quiche je suis ! Mes garçons se  moqueraient de moi !!!)
  • Et ce soir, qu’est-ce que je vais leur faire d’ailleurs à ces morfales ? Car, comme dab, c’est moi qui me cogne les courses car le géniteur qui a un super salaire de ministre n’est pas capable de leur acheter autre chose que des pizzas infâmes de chez « biiiiiiiiip », car c’est le moins cher. De penser à ce sujet me fait accélérer car je suis très énervée. Du coup 1km pas vu passer !
  • Et pourquoi donc cette chanson que j’aime tant (Russians de Sting) coupe au milieu : ah non m#### pas celle-là 🙁 Et j’arrive même pas à toucher l’écran car il est noyé de sueur (j’aurais dû mettre un t-shirt à manches courtes !). Grrrrrrrrr que ça me saoule. Et bim, dans ma façon de faire 3 choses à la fois, je manque de m’étaler en trébuchant : manquait que ça !
  • Alors pour les courses, je dois pas oublier de rajouter à ma liste du shampoing, des œufs, du miel, des pommes (oui oui oui je me persuade que cette fois, je vais m’en souvenir en arrivant chez moi !)
  • Allez, la partie que je préfère, celle où j’ai passé mon enfance et ma jeunesse : tout près de la maison de mes parents. Que de souvenirs… Chabadabada…
  • Re aiiiiiiiie mon tibia : je m’arrête pour le palper (pour la 54ème fois de la journée, comme si un miracle allait se produire…), je ferme les yeux et implore les dieux (moi qui suis athée…). Punaise c’est pas vrai, dites-moi que ça va s’arrêter…
  • Je suis trempée de sueur comme un cochon, mes cheveux surtout. Ahhhhhh si je les coupais court de nouveau ce serait moins d’entretien. Mais mes 2 garçons qui trouvent que je suis mi-homme mi-femme ne veulent pas…
  • Snifffff ça fait longtemps que je n’ai pas vu d’écureuil dans ce coin. En parlant d’écureuil, il faut que j’aille à la banque car je commence à en avoir assez de ces frais…que des voleurs !
  • Ma pauvre fille…c’est loin d’être gagné. Tu te traînes lamentablement…même 0,02km/h d’accélération me paraissent un record inatteignable !
  • Je sors de mes vignes, retour parmi les rues : ça pue le graillon, les odeurs d’essence m’insupportent, je fais du gymkhana entre les excréments…
  • Deux jeunes qui fument au balcon : ils doivent me prendre pour 1 tarée de me voir passer ! Beurkkkkkk je suis d’une intolérance profonde à la cigarette.
  • Oh la la…tout ce que j’ai à faire : j’aurais été plus raisonnable de ne pas aller courir, mais c’était vital. Tout ça pour souffrir.
  • Dernière côte (plutôt un faux-plat) : cet enc##é de chauffeur de bus démarre sous mon nez et m’enfume. Ils sont vraiment spéciaux ces chauffeurs…
  • Nooooooooon…9,9km : quoi ???? C’est impossible pour mon esprit, je vais jusqu’au bout de l’allée ! Je ne peux pas faire moins de 10…

Étirements devant la maison : je dégouline…Mais je suis en train de renaître ! Au fait…je devais penser à quoi déjà ??? Je suis incurable et mon cas est désespéré… Je vais à la douche, on sait jamais si ça me fait revenir les idées ! Et vous…quelles sont vos pensées lors de votre séance course à pied ?

carine dordan.

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