Nicolas Martin, le vent en poupe !

Nicolas Martin, le vent en poupe !

Aujourd’hui c’est Nicolas Martin du team Hoka qui nous fait l’honneur de répondre à nos questions !

 

TraileurZ The Mag : Bonjour Nicolas et merci de répondre à nos questions ! On attaque dans le vif du sujet, tu viens de remporter la Skyrhune 2018, est-ce que t’attendais à cette performance ?

Nicolas Martin : « Je ne pensais pas remporter cette course. Vu le plateau et vu ma saison chaotique, je ne me voyais pas en favori de la course. En revanche, si on parle de performance au sens strict, j’ai fait une performance que j’envisageais avant le départ. Je pensais être capable de boucler le parcours en 2h00 et finalement, je termine en 2h01’44. J’ai le sentiment que j’ai surtout été l’un des rares coureurs à produire une course proche de son niveau supposé malgré des conditions climatiques exigeantes. C’est peut être l’expérience acquise au fil des années qui a joué samedi sur les pentes de la Rhune. D’ailleurs, la meilleure illustration de mes propos est la performance d’Anaïs Sabrié. Elle termine à 13’46 (11,7% d’écart) ce qui, au-delà, de son exceptionnelle performance, démontre aussi la performance plus moyenne du vainqueur masculin. »

T.T.M :  Le plateau était sacrement relevé, tu avais un peu de pression ?

N.M : « Honnêtement, je ne ressens plus aucune pression à l’amorce d’une compétition. D’autant plus que je venais ici avec l’envie de me faire plaisir et d’évaluer un peu ma forme en vue des Templiers. Je savais que ce serait une belle journée avec quelques moments d’inconfort physique. Globalement, j’ai juste passé un week end exceptionnel au Pays Basque et la victoire n’a finalement qu’une importance relative en comparaison de l’ambiance, des rencontres humaines… J’ose aussi croire que ce détachement n’est pas vraiment nocif à la performance. »

T.T.M : Raconte nous un peu tes sensations sur la course !

N.M : « La course est partie très vite vu qu’il y a le maillot vert qui se joue au premier kilomètre. Les favoris ne le jouent pas mais il y a forcément une légère aspiration qui se crée. Je suis parti légèrement en retrait du groupe de tête puis je me suis porté en tête après le premier kilomètre. Dès la première montée, j’ai senti que les jambes étaient plutôt bonnes. Nous sommes passés groupés à Miramar puis Didier Zago a pris quelques secondes d’avance. J’ai géré la descente en essayant de rester relâché. J’ai eu du mal dans le début de la descente plus technique. Après le passage de la rivière, j’ai senti que ça allait bien se passer. Je suis revenu sur Didier puis nous sommes restés ensemble jusqu’au pied de la montée finale à la Rhune. J’ai bien bu avant de me lancer à l’assaut des quasi 700 m de D+ qui nous sépare de l’antenne. Honnêtement, durant les 10’ premières minutes de l’ascension, je pensais que j’allais, presque, gagner facilement. D’un coup, c’est devenu bien plus difficile. Je n’avais plus vraiment de force. Vu la durée de course, je pense que c’était un facteur énergétique qui m’a limité. J’ai grimpé au sommet comme je pouvais. Julien Michelon est revenu et a pris 20’’ d’avance. Il a continué à creuser l’écart sur le début technique de la descente. J’ai pris mon mal en patience puis j’ai tout donné sur les portions plus roulantes. Le dernier taquet de 100 m de D+ m’a permis de boucher un peu l’écart . J’ai tout lâché sur les 4 derniers kilomètres pour reprendre la tête à seulement 2 km de la ligne d’arrivée. Je pense que j’étais dans une bonne journée et surtout, j’ai bien supporté la chaleur contrairement à de nombreux coureurs. »

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T.T.M : Tu te retrouve dans les valeurs de la marque Hoka ?

N.M : « L’innovation est surement ce qui me plait le plus chez Hoka. La marque est en évolution permanente sur ce point. La légèreté des produits est aussi un vrai plus pour un athlète élite avec un design de qualité. J’accorde aussi une part importante sur le plan humain et il y a des personnes qui sont formidables dans la marque sur ce plan. »

T.T.M : Pour l’année 2019, est-ce que tu as quelques idées de courses qui pourraient devenir un objectif ?

N.M : « Je vais, déjà, finir la saison 2018 avant de penser à 2019. Vivre le moment présent est le plus important. Je n’avais jamais connu la blessure avant ce printemps et depuis, j’évite de faire des projections à long terme. Je pense qu’on va me retrouver sur une course de l’UTMB et ce sera soit la CCC soit l’OCC. »

T.T.M : Allez une course qui te ferais rêver ?

N.M : « Si je réponds l’UTMB, ce n’est pas original. Je pense que je rêve juste à continuer sur le même chemin que depuis le début de ma carrière. Se préparer sérieusement pour vivre des grandes émotions à travers le sport. Peut être que les plus belles d’entre elles se nouent dans l’intimité d’une aventure entre amis… »

T.TM : Comment vas-tu organiser ta fin d’année 2018 ?

N.M : « Je vais faire le Trail des Aiguilles Rouges le week-end prochain (il vient de remporter la course en 6h31mn ndlr). Ma préparation se déroule plutôt bien. Mentalement, je suis plutôt reposé avec une saison légère sur le plan compétitif. J’ai, à cœur, de vivre une belle journée sur les Causses (Les Templiers). Mon ambition, elle est claire. Il y a longtemps que je rêve de cette couronne de lauriers. Le passé a montré que je peux l’envisager mais je ne veux pas créer de pression vis-à-vis de ça. J’espère trouver la clé pour arriver le premier à Millau cette année mais si je produis une course aboutie, ça suffira amplement à mon bonheur. Pour la suite, ça dépendra de mes envies. J’irai peut être courir entre Saint Étienne et Lyon ou je rangerai mes baskets pour quelques semaines. »

Merci Nicolas et bonne chance pour la suite de ta saison !

Propos recueillis par Grégory julien Baron.

Crédit photo : Peignée Verticale Damien Rosso.

Page athlète Nicolas Martin

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