OCC 2014 : UNE LONGUE JOURNEE EN MONTAGNE !

By TraileurZ The Mag
In ACTUALITÉS
Oct 4th, 2014
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OCC 2014

Quelques années après un échec sur l’UTMB (abandon à Courmayeur) pour cause de problèmes gastriques, je revenais à Chamonix sur l’OCC, la petite dernière de 53 km de l’UTMB créée cette année au départ d’Orsières en Suisse et reprenant le parcours de l’UTMB à partir de Champex avec quelques variantes…

Retour en course avec ma coéquipière Céline après notre Saintélyon en relais en décembre et notre 1er trail de montagne en commun au Mont Cenis début août sur une distance de 30km, car nous avions lié nos destins lors du tirage au sort qui nous avait été favorable en janvier. Nous nous retrouvons le jeudi matin à 5h dans le centre de Chamonix pour le trajet en car vers la Suisse où le départ de la course est prévu à 8h. La météo est favorable pour la journée après un mardi noyé sous un déluge continu et les sentiers parfois transformés en torrents en porteront les traces avec beaucoup de boue! Un seul objectif pour nous : essayer de terminer dans les délais pour être finishers à Chamonix ! Nous sommes 1200 à prendre le départ, et la rue étroite où démarre le parcours à Orcières (911m d’altitude) n’est pas spécialement propice à un démarrage fluide du peloton… La suite non plus d’ailleurs car dès les 1ères montées ce n’est qu’une série d’arrêts successifs et de redémarrages pour que la file des coureurs puisse s’écouler sur les sentiers de + en + étroits! Pas terrible pour arriver à prendre un rythme régulier pendant que les premiers doivent déjà être loin devant…

Au fil des km nous prenons notre rythme, passons à Champex (1450m) au km 8 pour le 1er point de contrôle et après une partie un peu + roulante abordons la 1ère grosse difficulté de la journée avec la montée à Bovine. Je prends une légère avance sur Céline qui est un peu plus loin mais qui, au fil de la montée, commence à avoir des difficultés à avancer et éprouve le besoin de faire des pauses de + en + rapprochées. Alors qu’ il reste encore 400 mètres de D+ et qu’elle semble victime d’une bonne hypoglycémie, je décide d’appeler le PC course puis dialogue avec un médecin en indiquant notre position approximative ainsi que le dernier point de référence passé (A8) qui sert de repère sur le parcours et que j’avais mémorisé en passant au cas où… Je lui conseille de s’installer au soleil pour ne pas se refroidir en attendant un médecin qui doit arriver. Je n’ai aucune envie de la laisser seule sur le bord du chemin dans cet état ! C’est un guide/médecin suisse qui arrivera finalement par le haut pour la prendre en charge. Après discussions, il nous confirme que le mieux sera de repartir vers le bas en direction de Champex pour récupérer un véhicule, et aussi que les coureurs encore positionnés dans la montée seront hors délai à Trient où se situe la 1ère barrière horaire à 14 heures… Il est en effet déjà plus de midi et il reste un bon bout de montée à faire jusqu’à Bovine puis une longue descente derrière !

 

OCC 2014-3Je suis soulagé de voir que Céline sera désormais accompagnée pour la redescente, et d’un commun accord je décide de repartir de l’avant avec l’esprit plus tranquille. Commence alors une 2ème épreuve pour moi car je n’ai pas le choix : pour ne pas risquer l’élimination à Trient je dois désormais avancer à un rythme élevé mais je connais bien le parcours et je pense pouvoir y arriver, quitte à y laisser des forces précieuses pour la 2ème partie de la course qui est encore très longue puisqu’il reste 38 km et le plus gros du dénivelée ! L’avantage c’est qu’il n’y a presque plus personne sur le chemin et que je peux donc grimper à bonne allure jusqu’à Bovine à plus de 2000m où un contrôleur me confirme qu’à ce rythme je serai dans les temps à Trient 700 mètres plus bas dans la vallée. Le temps de prendre quelques photos du paysage et je bascule dans la descente sur un bon tempo qui me fait progressivement revenir sur des coureurs tout surpris de voir un autre coureur débouler derrière eux à cette allure. Je ne manque pas de les encourager par un petit mot car ceux que je double seront à la limite de la barrière horaire… J’arrive au Col de la Forclaz, il ne reste plus beaucoup à descendre pour atteindre Trient et là je sais que je suis dans les temps pour la barrière horaire. Arrivée au point de contrôle et ravito, le temps de prendre une bonne soupe et de goûter à la délicieuse tomme locale et d’envoyer quelques sms avant de repartir à 13h40 soit 20′ avant l’élimination ! Le plus dur est fait pour moi, il reste maintenant à gérer la suite de la course qui est encore très longue car nous n’en sommes pas à la 1/2 et il fait chaud en ce début d’après-midi !

Je décide de poursuivre sur un bon rythme dans la montée vers Catogne à 2050m et rattrape progressivement pas mal de monde ce qui est plutôt motivant! J’aimerais bien en effet avoir pris un peu de marge sur la barrière horaire de 17h15 à Vallorcine avant une fin d’épreuve que j’anticipe déjà plus compliquée après ce brusque changement de rythme dans ma progression et que je paierai certainement plus tard… La descente se passe bien et j’arrive vers 16h à Vallorcine (km 34) où je décide de souffler un peu et où je dois aussi recharger ma poche d’hydratation qui est vide. La soupe que je prends ne passe pas bien et comme souvent mes problèmes gastriques reprennent le dessus alors qu’il reste la longue montée à La Flégère à venir. Heureusement j’ai maintenant une heure de marge sur la barrière horaire et je vais essayer de gérer cette avance sur les 19 derniers km du parcours.

Passage au Col des Montets avant de commencer la montée raide vers la Flégère où beaucoup de concurrents sont maintenant en difficulté. Nous suivons un parcours spécifique à l’OCC qui nous fait monter à 1700m, descendre à 1400m puis remonter à 1858m pour atteindre La Flégère et sa dernière barrière horaire à 20h30. J’avais observé ce beau pic sur le profil de la course, et comme prévu après la descente un peu technique (rochers) où ça bouchonne la remontée de 1400 à 1858m sur le parcours du marathon du Mont Blanc fait très mal… Je m’astreins comme les autres à continuer à avancer coûte que coûte alors que je suis maintenant à mon tour dans le dur en hypoglycémie… Compte tenu de l’avance que j’avais à Vallorcine je ne suis pas inquiet et me contente de gérer ma progression pour atteindre la Flégère. Après je sais que c’est encore long (8 km) mais tout en descente et que l’arrivée à Cham sera presque acquise… J’avais promis d’envoyer quelques sms à La Flégère où je dois donc m’arrêter, mais dans mon état je constate que je commence à somnoler sur ma chaise au contrôle/ravito et que je me refroidis avec le vent pas chaud du tout. Je me force donc à repartir vers 19h30 sans oublier de faire quelques photos car les lumières sur les sommets ennuagés sont superbes à cette heure là.

J’alterne course et marche tout au long de la descente au gré de la motivation et du rythme des autres coureurs autour de moi, j’ai annoncé dans mes sms que j’arriverai à la nuit tombante et c’est effectivement à 20h41 juste avant la nuit (ce qui m’a évité de sortir la frontale) que je passe enfin la ligne d’arrivée après cette journée riche en émotions et 12h41 passés en montagne! Avec le plaisir d’y trouver Céline qui m’aura attendu longtemps mais qui est à peu près remise et un copain avant son UTMB du lendemain ! Comme prévu une belle épreuve, même si sa difficulté est sans commune mesure avec les autres courses beaucoup plus longues proposées dans le cadre de l’UTMB ! Avec le plaisir d’avoir enfin passé la ligne d’arrivée en finisher à Chamonix mais aussi la déception de n’avoir pu la passer avec mon équipière comme au Mont Cenis… Il y aura d’autres occasions pour rattraper le coup !

Et la montagne est toujours aussi belle, surtout avec cette météo estivale !

Marc Sébe.

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