Spartan Race, l’expérience unique !

By TraileurZ The Mag
In ACTUALITÉS
Oct 16th, 2014
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Spartan race

La Spartan Race… fameuse course (à la mode ?) de renommée internationale et déjà copiée (avec des appellations parfois barbares) dans les villages de France. Alors qu’en est-il vraiment en live sur le terrain ? Rémy est aller tester pour TraileurZ !

‘’You will know at the finish line !!!’’… La ligne d’arrivée franchie, tu sauras que tu es un Sparte ! Alors j’ai voulu moi aussi savoir… non pas savoir si je passerais la ligne d’arrivée, mais savoir ce qu’était cette course au succès grandissant. La société moderne avait quelque peu oublié ce qu’étaient les Spartes jusqu’à la sortie du fameux film 300. Cette fiction surchargée en testostérone a remis ces Guerriers Grecs au goût du jour, dressant un portrait sans concession de leur force, de leur endurance, de leur courage, bref de toutes ces qualités du parfait guerrier mythologique. Une course pourrait-elle me faire savoir si je suis moi-même un guerrier de cette trempe !!!??? Ne soyons pas dupes, mais le marketing est là, et il fait le succès de ces courses ! Symbole à l’effigie du  heaume sparte, cris de guerre, slogans qui font vibrer en nous le guerrier qui sommeille, tout est là pour nous mettre dans l’ambiance. Jouons le jeu et allons découvrir cette fameuse course à épreuves !

Alors que je dors à peu près paisiblement sur mon lit d’un motel d’Aubagne, mon collègue me réveille vers les 5h du matin, « regarde dehors ! ». En effet, c’est la tempête. En bordure des orages qui inondent l’Herault et le Gard, les éclairs déchirent le ciel et le tonnerre gronde comme jamais ! On déconne à moitié sur le fait que nous n’avons même pas peur, que nous sommes des spartes qui avons prévu de nager dans l’eau froide et de se faire quelques bain de boue, alors ce n’est pas un orage qui va nous faire peur !!! On décide de se recoucher. Entre temps l’organisation de la course envoie un mail général précisant un report du départ à 10h pour laisser les intempéries passer. Nous sommes déjà dans l’ambiance, on essaie de faire le plein de motivation… au chaud dans le lit. Finalement ce sera un grand beau temps lorsque nous arrivons au circuit du Castellet ! De toutes façons nous sommes des Spartes, nous n’avons pas peur… Habitué aux courses de trail et autres activités d’endurance en montagne, je dois dire que la population n’est pas du tout la même. Nous reconnaissons quelques coureurs ou traileurs, et je dirais même que nous les reconnaissons bien ! Les coureurs ont pour la plupart des fringues et des chaussures de coureurs et sont dans la grande majorité pas plus épais qu’un sandwich SNCF. La seconde population, bien représentée, est celle des adeptes du fitness et des salles de musculation. Des mecs bien baraqués, obligés de marcher en canard car leurs cuisses se touchent ! Et là on se dit, ce sont des spartes, des vrais, les mêmes que dans le film 300 ! Nous y sommes, nous sommes dans l’univers des spartes ! Mais moi qu’est-ce que je fais là, ils vont m’écraser dans le peloton de départ ! 3ème population, un peu moins connue, mais au nombre de pratiquants croissant, les crossfiteurs. Qu’est ce qu’un crossfiteur ? Eh bien un adepte du crossfit, tiens ! … Et vous allez me demander, c’est quoi le crossfit ? Disons que, pour aller vite, c’est un sport qui permet de s’affûter comme il faut. Je ne vous cache pas que votre serviteur s’y est un peu mis ces derniers temps, en bonne victime de la mode. Leurs caractéristiques à ces gens-là ? Un peu comme la catégorie 2 mais en plus discrets, en plus affûtés, avec en plus un moteur qui fonctionne pas mal ! Pour terminer le bestiaire de cette Spartan race, la 4ème population serait…le reste. Ceux qui viennent pour s’amuser, pour se déguiser, pour s’éclater entre amis dans les piscines de boue, etc, mais qui peuvent aussi faire partie des catégories déjà citées. Tout ce petit monde est donc là sur le superbe site du circuit Paul Ricard. Le retrait des dossards se fait très rapidement, nous sommes aussi munis d’un bandeau avec notre numéro, d’une puce à mettre à la chaussure et de 2 bracelets ! Si avec tout ça ils n’arrivent pas à identifier mon corps ! Dans la zone de départ et d’arrivée l’ambiance est bonne, musique, jeu de force, stand Reebok, certains jouent le jeu à fond et ressemblent à de vrais guerriers. Nous rentrons dans la zone départ en passant notre premier obstacle, une palissade. Un animateur est là pour chauffer les corps et les esprits, c’est marrant à voir même si je ne suis pas fan de ce genre de choses.

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Spartan Race.

Feu, le départ est donné !!!

Au menu un parcours de 21km agrémenté d’obstacles et d’épreuves diverses. Au départ, ça court beaucoup, ça me convient, buttes, dévers, cailloux, herbes hautes, passages les pieds dans l’eau, puis arrivent des obstacles plus imposants comme le franchissement de rondins de bois superposés. Lorsqu’on est dégourdi et un peu sportif cela ne pose pas de problème. Arrive la première épreuve de « porté », il s’agit de prendre un gros rondin de bois et de le porter sur plusieurs centaines de mètres bien accidentés. J’accuse le coup, mes petites jambes de coureur n’avancent plus sous la charge, mon cardio monte rapidement. Je serre les dents, ce n’est que le début ! Puis nous nous remettons à courir la plupart du temps sur chemins accidentés et boueux, puis petite épreuve de natation sur une quinzaine de mètres, pas facile en basket avec un cardio déjà bien accéléré. Mais nous ne sommes qu’au début du menu. Rapidement je me retrouve à ramper une bonne dizaine de mètres sous des barbelés la tête à moitié immergée dans de l’eau boueuse. Suite à ça, après un peu de course, j’escalade une palissade, glisse dans un tuyau et dois courir en portant un pneu… déjà mes qualités de coureur m’avantagent de moins en moins. Grosse ligne droite, je refais mon retard et j’arrive en position 3,4 à une épreuve qui consiste à tirer une corde pour monter un lourd sac. Cela me parait être une formalité, j’ai testé avant le départ, j’ai tout de même un minimum de bras (kayak, escalade, crossfit…), et je vois les 3 premiers qui s’en sortent bien, je me jette sur la première corde, j’arrive à peine à faire décoller le sac, je me pends à la corde, le sac ne s’élève presque pas, je ne comprends pas (sac de poids différents, problème de poulie, je suis vraiment une guenille ?)… pas grave, je fais des burpees de pénalité.
Quelle erreur… 30 burpees c’est très long et ça fatigue beaucoup ! Le burpee consiste à s’accroupir, lancer ses jambes en arrière, descendre poitrine au sol, remonter en faisant une pompe, ramener les pieds et faire un saut pied joint !! Je vois alors le trio de tête s’éloigner. La suite est du même ordre, courts passages d’escalade, obstacles dans l’eau, tunnel, palissades à franchir, ramper sous des barbelés, monter à la corde, etc. Je m’en sors bien, je garde un bon rythme. Peu à peu nous nous éloignons du circuit pour partir dans la fôret. En tant que traileur je préfère cette ambiance, d’autant plus qu’il y a de bonnes portions courantes. Je suis en train de refaire mon retard et le paysage est plutôt agréable ! Aucune idée de la distance que j’ai faite, j’imagine que je ne dois pas être loin de la fin. Grossière erreur, finalement avec toutes ces épreuves nous n’avançons pas tant que ça, il reste encore pas mal de kilomètres ! À un endroit une demoiselle me donne un code que je dois mémoriser, le mien sera FOXTROT 996 3951 ! Je fais vraiment l’effort de m’en rappeler, car je sens que dans le cas contraire j’aurai le droit de manger des burpees ! Arrivent des palissades en dévers à franchir, tout se passe bien jusqu’à la dernière où, lors du franchissement je crampe violement du mollet. Je chute alors au sol et crie de douleur. Un bénévole m’aide à m’étirer le mollet, ça fait très mal, et ça ne passe pas. Je perds quelques précieuses minutes à récupérer mon mollet avant de repartir. Alors que tout va bien, et que je suis motivé pour raccrocher le trio de tête, une série d’épreuves s’enchaînent sur lesquelles je ne suis vraiment pas performant. Retourner un pneu ou le tirer avec une corde, je m’en sors convenablement, mais lorsqu’il s’agit de porter et courir avec une charge très lourde ça se complique. Nous avons le droit à un premier porté de sac de sable, dans une descente technique et une remontée très raide, un parcours où il faut tirer une chaîne accrochée à un poids, une autre boucle qui se fait avec un saut rempli de gravier, puis un dernier parcours avec une longue montée lesté à nouveau d’un lourd sac de sable après que l’on m’ait demandé mon « code » que j’avais heureusement bien mémorisé.

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Cela me fatigue vraiment, je n’avance plus une fois chargé de ces poids, et mon cardio monte vite. De plus nous sommes cette fois dans la nature et les portions de courses sont de vraies portions de trail, je commence à fatiguer, je réalise alors que la Spartan est une course très physique qui nécessite un peu plus qu’une bonne résistance, c’est loin d’être une simple course d’obstacles à prendre à la légère. Une fois ces épreuves de charge terminées, ça court un peu plus, je remonte sur des coureurs, passe un grand filet très rapidement ainsi que quelques autres petits obstacles, et la motivation revient en voyant la distance réduire doucement avec celui devant moi, mais la fatigue est là, j’ai mal au genou et je commence à sentir la faim et la soif. J’arrive alors en vue de l’épreuve de lancé de javelot, le 3ème vient de repartir, le 4ème lance à peine son javelot et le 5ème arrive à peine. J’ai vraiment bien rattrapé mon retard, je prends mon javelot alors que le 5ème vient de lancer le sien, le 4ème est à peine reparti…. mais je me précipite et rate la cible ! En fin de course, faire 30 burpees relève du calvaire, chaque burpee me fatigue un peu plus et je mets beaucoup de temps à les faire, heureusement derrière moi ça rate aussi, mais un coureur arrive à toucher la cible et repart alors que je suis qu’à 20 burpees. Je termine et pars à sa poursuite, je le rattrape sans problème dans des passages très techniques sur des monticules de pierres. Arrive alors une des dernières épreuves significatives qui consiste à nouveau à ramper sous des barbelés, mais cette fois sur plusieurs dizaines de mètres, à vu d’œil je dirais facilement 50m voire plus, dans de la boue bien évidemment et avec des barbelés franchement bas sur la fin. C’est parti, je me couche, commence à rouler sur le côté, j’ai le bon rythme, ça avance bien, puis ce n’est plus possible de rouler, les barbelés sont trop bas, je rampe, sans ralentir, sans souffler, je ne veux pas me faire rattraper. Ouf, je suis sorti, me reste quelques menus obstacles et c’est l’arrivée !!! C’est la délivrance, car j’avoue que vers la fin ça devenait vraiment dur, plus d’énergie, mal au genou, plus de force, il était temps d’arriver ! Je suis 6ème au final. Mes 2 séries de burpees et ma crampe m’ont beaucoup coûté en temps, la 3ème place aurait été jouable sans cela ! Je suis couvert de boue des pieds à la tête, balafré de partout, mais content ! J’ai passé la ligne d’arrivée, et maintenant je le sais, je suis un Sparte… si si j’ai ma petite médaille et mon t-shirt 🙂 La dernière épreuve sera le nettoyage intégral au jet d’eau sous pression !

Au final, et malgré le rhume que cela ma coûté, j’ai passé une superbe journée et vécu une nouvelle expérience sportive. Je ne sais pas si je reviendrai en mode «compétition» comme je l’étais un peu cette fois-ci, mais plutôt avec des amis, en équipe, pour s’amuser. Mais notez bien que celui qui recherche l’effort et la performance, pourra trouver ce qu’il cherche à la Spartan Race : c’est une épreuve sportive comme une autre qui demande une préparation spécifique pour être performant. Savoir courir ne suffit pas même si c’est je pense la première qualité à avoir. Il n’y a pas grand-chose à redire sur cette course, on voit que la machine est bien rodée et je n’ai pour ma part pas de moyen de comparaison étant donné que la Spartan Race a été ma première course d’obstacles. Il est certain que l’inscription représente une somme conséquente, de 60 à 110 euros suivant le parcours choisi, mais cela se comprend facilement : l’organisateur doit payer la licence «Spartan race», il emploie une vingtaine de personnes et fait venir 4 semi-2 remorques de matériel de qualité à installer et désinstaller sur des terrains qui ne sont pas gratuits. Le sparte repart avec son bandeau, son bracelet éponge, son t-shirt et sa médaille finisher. Le seul point vraiment négatif concerne le ravitaillement final qui est très pauvre, juste des bananes et des gâteaux, aucune autre collation, pas de repas, même un simple plat de pâtes ou du pain avec du fromage. Je trouve que c’est vraiment le point à améliorer. Pour ceux qui ont l’âme d’un spartiate, il existe un véritable circuit national, continental, et mondial de Spartan race, avec un classement. Mais sans en arriver là, c’est une expérience à vivre une fois, ça peut permettre à certains traileurs de changer d’air, de sortir de la bulle du trail pour essayer autre chose, se tester et repousser ses limites différemment, c’est une expérience bonne à prendre !

Arrooo !

Rémy Fabre.

TraileurZ.

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