Un français en Norvège, le périple sauvage !

By TraileurZ The Mag
In ACTUALITÉS
Juil 15th, 2015
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Un français en Norvège, le périple sauvage !

Maxime est un globe-trotter. Un passionné d’aventure à la recherche de paysages sauvages et de sensations de liberté, dans une société qui souhaite à tout prix nous mettre dans un tiroir, bien rangé. Ce récit retrace son expérience en Norvège, pays qu’il a eu la chance de pouvoir découvrir, et TraileurZ The Mag vous y invite, une escapade inédite…

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« Quand je repense à ce moment à rester bloqué deux jours dans un refuge, je me dis qu’on perd le sens des réalités dans nos vies… »M.Butscher.

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Ahhhhh…sacré pays cette Norvège ! Après une première expérience en 2011 (lien clip vidéo chaîne Youtube en bas de page) à arpenter les fjords aux alentours de Tromsø et de la région du Lyngen, je décide l’année suivante de m’enfoncer davantage dans les terres Scandinaves, me retrouver seul. La civilisation en Norvège n’a pas le même impact que chez nous, le phénomène de société lui aussi se fait vite oublier et il sera facile pour moi de m’y «perdre». L’avantage de ces pays nordiques c’est le choix incroyable que nous offrent ces régions et autres parcs nationaux à explorer et cela devient vite un inconvénient ! Où donc aller ?  Nous sommes en septembre, les conditions climatiques vont changer rapidement, l’hiver va pointer le bout de son nez, le soleil se couchera plus tôt alors je vais éviter les hautes latitudes et rester dans le 1/3 sud du pays, j’aurai donc la fraîcheur tant recherchée, la transition vers l’hiver sera moins franche et pourquoi pas quelques paysages enneigés…donc direction le Parc National du Dovrefjell fin septembre pour une dizaine de jours en autonomie complète.

Je boucle très rapidement les réservations d’avion et de train, quant à la préparation de la logistique je vais fonctionner comme à mon habitude, le plus simplement du monde en me focalisant sur 3 points essentiels lors d’une aventure sans assistance comme celle-là : ABC ; Alimentation, Bivouac et Climat. Bref bien manger, bien dormir et ne pas avoir froid…. oui froid, 9 fois sur 10 je pars à des périodes où je peux trouver des températures basses et/ou de la neige, ces conditions pour moi reflètent réellement le côté sauvage d’une aventure et aussi parce que j’adore l’ambiance de ces saisons froides. Un autre point important : le poids du sac à dos devra être léger à l’image de la vie que je mène depuis quelques années, alors j’épure et je me fixe une limite de 15kg avec 1 litre d’eau, autant dire que le reconditionnement de l’alimentation lyophilisée sera le plus important, le réchaud sera à alcool car j’adore l’odeur de ce combustible. Et la combustion et la flamme de ce type de réchaud est plus agréable à regarder, plus naturelle, elle sera ma compagnie et ma confidente du soir. Et pour la tente un simple abri mono paroi made in USA. ( Inventaire complet en bas de page). N’ayant tenu aucun journal de bord je vais m’épargner une description chronologique de mon périple jour après jour, je vais plutôt exprimer le ressenti d’une telle aventure, la gestion physique et mentale de la machine, la découverte d’un autre moi à certains moments, oui comme quoi on ne se connaît jamais assez…

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Un français en Norvège, le périple sauvage !.

Déjà je ne partais pas là-bas pour établir un record, je voulais simplement marcher, passer du temps sous ma tente et adopter une attitude contemplative, me confrontant une fois de plus à moi-même, aux éléments, à ce sentiment d’éloignement mais aussi m’écarter de la route, celle qui nous rapproche de la facilité car, quand on la voit, quand on sait qu’elle est toute proche on se rassure, on se laisse guider, elle est le lien avec la société et me suis même étonné lors de ces quelques jours à la repérer sur ma carte «je m’en approche ou pas !?».  Lors d’une période de doute quant à mes choix de parcours afin de palier à des conditions météo dantesques, je ne voyais qu’elle sur la carte, je me disais que je devais l’atteindre pour me retrouver en sécurité. Oui mais le sentier pour y accéder serait-il le bon choix ? Est-ce que ce parcours de secours pour me sentir rassuré et retrouver la société n’était pas le mauvais choix, du coup ? Trop facile et cette fois je ne viens pas là pour longer les fjords, dormir sur ses plages et me ravitailler au market du coin et bronzer face à un banc de dauphins dans un fjord de la région du Lyngen… quoi que ça le faisait pas mal quand même bref… 

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« Je pouvais bien m’autoriser un repas amélioré et une salade de fruits lyophilisée en dessert le cul dans la neige face à un troupeau de bœufs musqués… »M.Butscher.

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Quand je repense à ce moment à rester bloqué deux jours dans un refuge, je me dis qu’on perd le sens des réalités dans nos vies : j’étais là au chaud, en sécurité, tout le confort, seul avec de la nourriture pour un bus de touristes affamés et j’avais « peur », je doutais du temps, de moi, fallait que je vive ce moment heure après heure, eh bien non, je ne pouvais m’empêcher de me projeter à me demander si j’allais pas rester bloqué par cette neige avec des conditions trop en avance à mon goût, moi avec mes pauvres chaussures multisports et mon esprit de citadin, comment pouvais-je bien surmonter cette météo et ce stress ? En y allant tout simplement, en affrontant cette tempête, je prends mes tites affaires et je sors de là ! Le problème venait de ce refuge qui me bloquait, il m’incitait à rester encore un ou deux jours et à cogiter encore plus à me rendre dingue, à tourner en rond à me poser trop de questions, non mais oh ! Je suis pas venu pour faire gardien de refuge ! Une fois dehors il m’aura fallu une petite heure d’adaptation pour me sentir à mon aise, neige, vent, sentiers inexistants cachés par la neige, ça devenait sport mais ayant choisi l’option «loin du bitume» fallait se confronter aux éléments et sa petite personne ( voir vidéo sur chaîne Youtube en bas de page ). Il y eut aussi des moments beaucoup plus propices et sereins, de bonnes heures de marche entouré par des dizaines de kilomètres d’espace, je pouvais quitter les sentiers et me rendre là où mes yeux me portaient, décider à l’humeur de manger ici ou là, de bivouaquer au bord d’un lac, de ne pas bouger de la journée…non mais c’était les vacances aussi je pouvais bien m’autoriser un repas amélioré et une salade de fruits lyophilisée en dessert le cul dans la neige face à un troupeau de bœufs musqués que je prenais soin de garder à distance quand même, quitte à multiplier la distance par 10. Oui autant savoir le loup dans les parages m’apaise, autant le troupeau de muskus comme ils l’appellent là-bas a tendance à éveiller quelques doutes, alors on regarde mais de loin, de trop loin pour en tirer quelques photos nettes, le zoom numérique de piètre qualité de ma petite caméra me laissera quelques souvenirs de ces rencontres et regards croisés avec l’animal afin de confirmer que j’étais définitivement pas chez moi et que profiter de ce territoire sauvage passait aussi par la rencontre de ces gardiens bien persuasifs. Parfois ce sont ces familles de bœufs musqués qui me forçaient à changer de direction, bref je n’étais pas chez moi et je le comprenais bien.

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Je n’étais pas chez moi ok, mais à chaque fois que je plantais ma tente, que je rangeais mes petites affaires j’y étais dans mon chez moi, j’ai toujours, lors de ces voyages, eu une préférence pour la partie bivouac, mon moment de la journée préféré, me dire «whaooo là je vais être au poil» à m’en frotter les mains, bon après ça se passait pas toujours bien mais c’est mon chez moi du moment, ma vue, mon jardin, mon point d’eau et quoi de plus grisant que de se sentir autonome, de ne manquer de rien là, seul dans l’immensité ! Ah ça je ne manquais de rien, comme l’alimentation est un point important dans ce genre d’aventure, c’était entrée, plat et dessert à chaque repas du soir même si vers la fin j’aurais bien doublé les portions mais bon fallait résister à ces températures négatives durant les nuits et le sac de couchage à lui seul ne pouvait pas tout régler. Oui une petite parenthèse technique s’impose concernant le couchage, quand je pars en mode «ultraléger» je ne m’encombre pas d’un duvet de deux kilos ou plus, car c’est ce qu’il me fallait pour combattre le moins 10°C des nuits, non au lieu de cela j’opte plutôt pour un duvet bien plus léger dont la température de confort se situe à 0°C et pour les moins 10°C qu’il reste à surmonter, je joue sur des techniques de barrière physiologiques du corps qui permettent de passer une nuit à moins 10°C avec un sac de couchage pas du tout adapté. Certains peuvent penser que c’est inconscient mais bien entendu ces pratiques ont déjà été testées en situations avant de partir loin de tout et éviter ainsi de se retrouver au dépourvu dans des cas critiques mais le gain en poids et volume est considérable et bénéfique lors de périples en autonomie. Pour ceux que ça intéresse et en simplifiant les explications on se sert de notre corps comme d’un producteur de chaleur et nous perdons cette dernière de plusieurs façons : par évaporation, par conduction, par convection et par radiation. Il suffit donc de créer des barrières «matérielles» bien spécifiques pour chacune de ces pertes et pour chaque partie du corps en fonction des besoins. Par exemple, une simple paire de gants en latex est bien utile lorsque les températures chutent brutalement pour éviter ainsi la perte de chaleur par évaporation mais il existe dans le monde de la marche ultra légère des tas de petites astuces comme celles-ci utiles à la survie d’une nuit trop froide ou d’un moment de la journée où certaines parties du corps nécessitent l’utilisation de ces techniques. Et si vous voulez plus d’infos, il existe une mine d’informations sur le net parlant de  la barrière vapeur et autres mécanismes de pertes de chaleur.

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Un français en Norvège, le périple sauvage !.

Voilà on referme la parenthèse technique et on va pour conclure ouvrir celle sur le pourquoi du comment on se retrouve à marcher seul et loin, pourquoi on s’inflige de telles expériences de vie, parce que je ne suis parti que quelques jours, beaucoup partent quelques mois voire même pour certains toute une vie ! Qui a la réponse à cette fameuse question, pourquoi je cours, pourquoi je marche ? Pour ma part je n’ai à ce jour trouvé aucune réponse objective et constructive à ces questions mais dans mon cas, si j’en arrive à passer mes 5 semaines de vacances loin des endroits surpeuplés et superficiels à marcher, courir, à vivre sous une tente ou dans mon camion à sortir de ma «zone de confort» c’est que je fuis tout simplement, la population, la société et qu’il m’est beaucoup plus facile de trouver une place pour la nuit lors d’un bivouac au bord d’un lac à 3000m d’altitude, ça me conforte de me dire qu’il est loin le temps où ces endroits sauvages seront pris d’assaut par des hordes de touristes assoiffés de nature et de calme.. Savoir que mon voisinage se résume à une famille de rapaces logée dans une barre rocheuse qui me fait face, écouter des hurlements de loups à la tombée de la nuit pour me préciser que je ne suis pas totalement chez moi et prendre mon petit déj au bord d’un lac d’altitude en guise de piscine en compagnie des premières lueurs du soleil face à une chaîne de montagnes enneigées ou sous une pluie battante bien à l’abri sous ma tente à lire en attendant que ça passe…. tous ces instants valent mille fois une suite dans un hôtel de luxe au bord de la côte d’azur et je suis heureux que nous soyons peu à apprécier cela.

« Il faut avoir perdu le monde, pour se trouver soi-même » (Henry David Thoreau)… Alors allez vous perdre, ça fait un bien fou.

 

– Toutes les photos du périple – https://www.flickr.com/photos/nomadmax/sets/72157631730328136

– Photos reconditionnement lyophilisé – https://www.flickr.com/photos/nomadmax/sets/72157631482807936

– Pdf Inventaire complet – https://www.dropbox.com/s/ja15sn7diidl1zi/GearlistPNDovrefjellNorway092012.pdf?dl=0

– Chaine Youtube, vidéos live Norvège 2012 et autres clips – https://www.youtube.com/user/maxseas/videos

– Bonus vidéo – Clip du périple Norvège 2011- https://youtu.be/0Q7GssVjtbc

– Contact page Facebook – https://www.facebook.com/max.butsch.3

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